L'agent artistique exerce une activité de placement : il met un artiste du spectacle en relation avec ceux qui l'emploient, et il en tire une commission. La profession se distingue du manager, qui gère une carrière sans nécessairement placer, et du producteur, qui emploie l'artiste et se trouve donc de l'autre côté de la table. Le métier se pratique dans la musique, le théâtre, le cinéma, la danse et le doublage, avec des usages très différents d'un secteur à l'autre : un agent de comédiens travaille sur des castings, un agent musical sur des tournées et un calendrier de dates.
La licence d'agent artistique, contrôlée par le ministère de la culture, a été supprimée en 2010. Elle a laissé place à une simple déclaration et à l'inscription sur un registre national tenu par l'administration du travail, que l'agent doit mentionner dans ses documents. Le code du travail encadre en revanche fermement la rémunération : le montant perçu par l'agent ne peut dépasser un pourcentage de la rémunération de l'artiste fixé par décret, soit dix pour cent. La commission peut être mise à la charge de l'artiste, de l'employeur, ou partagée entre eux. Aucun versement ne peut être demandé à l'artiste pour être inscrit chez un agent ou pour figurer dans un fichier.
Le travail réel se répartit entre la prospection, la négociation et la gestion. La prospection consiste à entretenir un réseau de directeurs de casting, de producteurs, de programmateurs et de metteurs en scène, et à présenter les artistes du portefeuille aux projets en préparation. La négociation porte sur le cachet, la durée d'engagement, les droits voisins, les conditions de tournage et les clauses d'exclusivité. La gestion couvre les plannings, les contrats, le suivi des paiements et la relation avec les caisses sociales du spectacle. Un agent suit rarement plus de vingt à trente artistes, au-delà le suivi individuel devient théorique.
Un artiste qui cherche un agent regarde d'abord la cohérence du portefeuille avec son propre profil : un agent spécialisé en doublage ne fera pas travailler un danseur contemporain. Viennent ensuite le nombre d'artistes représentés, la proportion de comédiens réellement en activité, l'inscription au registre national, la clarté du contrat et la nature de l'exclusivité demandée. Toute demande d'argent préalable, sous quelque nom que ce soit, frais de dossier, photographies obligatoires, stage payant, place l'interlocuteur hors du cadre légal.